dimanche 24 janvier 2010

Quand un événement nous rappelle que ça existe!


Haïti... mais qui se souvenait encore de cet Haïti qui occupe actuellement 80% de nos JT, 4 ou 5 pages de nos quotidiens, truffés de témoignages de désespoirs, de "miracles", d'incompréhension et d'indignation, de questionnement (pourquoi les produits envoyés doivent encore attendre la signature de la douane haïtienne dans les décombres du port de Port-au-Prince) pendant que cette population vit dans la misère la plus sombre... Etant cynique, je dirai que ça ne change finalement pas grand chose, car très justement, comme le disait une Canadienne hier sur une émission récupérée par TV5 en solidarité avec Haïti, aux limites des larmes:

"Pensez qu'il n'avait déjà pas grand chose avant, alors maintenant comprenez qu'ils n'ont plus rien (larmes, larmes, aux bords des pleurs... puis sourrire de consolation): c'est pour cela que nous appelons à votre générosité...".

J'apprends aussi que la France a beaucoup oeuvré en Haïti, tout en apprenant qu'Haïti a toujours refusé l'aide des "blancs" par souci de fierté face à leur ex-maître colonisateur et surtout esclavagiste! En revanche, tout ça, c'est à chaque fois pareil, y'a des trucs qu'on prend en compte, y'a d'autres trucs qui passent presque pour lettre morte. L'Indonésie a été foudroyé par toute une série de catastrophe naturelle, je me souviens de grands bruits durant quelques jours. Haïti en est à une belle somme de catastrophe naturelle, autant les cyclones qui l'ont dévasté il y a quelques années, on en a vaguement entendu parlé, mais pour ce tremblement de terre, l'Etat français qui jusque là n'arrête pas de nous dire que nous devons faire des économies se lance dans un véritable combat d'aide humanitaire (après avoir offert de l'argent aux banques, la SARA en guadeloupe une belle enveloppe de 40 millions d'euros etc etc...). A promesse dite, à promesse tenue, Sarko l'a dit!

Mais mon positionnement n'est pas là, heureusement que l'humanitaire et la solidarité planétaire est là, même si par leur réaction puérile, sans réflexion, les USA et l'Europe se sont jetés dans la course à l'aide (USA 1er arrivée, Fr: 2nd, et Cuba essaie de défendre sa place), on n'a juste réussi à envoyer un gros coup d'espoir à la population, pour obtenir un réel engorgement des points d'accès aux pays. On peut légitement se poser la question du "à quoi toute cette agitation médiatique aura servi...".

Bref, Haïti sera au centre obligé de nos intérêts décidé par les grands médias, et nous devrons chaque jour entendre ces témoignages qui nous rappelle combien nous sommes sur la scelette, à un tel point que France-Antilles Guadeloupe titre hier en première page: "Et vous, serez vous prêt?".

Stupeur, effroie, c'est vrai que nous sommes en alerte imminente d'un séisme de très grande magnitude, le problème est que la probabilité est extrêmement forte, mais que finalement on ne sait pas vraiment quand est-ce que ça arrivera....

Mais il y a encore un autre point sympathique. La France, la France, oh la France. Lorsque nous sommes arrivés en Guadeloupe, il a fallu faire quelques papiers auprès de la sous-préfecture, notamment pour enraciner ma voiture ici, et bien entendu, que ma carte grise soit mise à jour. Deux matins de suite, après avoir fait la queue et me retrouver refouler car à 6h j'étais déjà le 92e dans la file d'attente d'une préfecture qui ouvre à 8h..., à côté des guichets "auto", il y a le bureau de réception des étrangers. Une horde de haïtiens attendant depuis la nuit, pour certains ayant dormi devant la porte pour espérer être reçu par les agents de la sous-préf. Amnesty International s'est même ému de l'entorse aux Droits de l'Homme, puisqu'il apparaît que seul 5 billets par jour est distribué à cette centaine de personnes qui attends chaque jour l'espoir de pouvoir y entrer...

Mais malgré cela, la Guadeloupe est solidaire: Orange offre les appels vers Haïti jusqu'à la fin du mois (paraît que ce ne sera pas énorme vu à la vitesse où seront rétablis les communications... malin hein!); LKP propose une journée débat-conférence-concert; les établissements scolaires font des collectes par niveau, etc etc... Mais à côté de ça, Radio Contact Guadeloupe émet sur ses ondes qu'il faut arrêter de parler d'Haïti, ils ont voulu leur indépendance, qu'il l'assume! hmm.. Radio Contact basée à Pointe-à-Pitre, sorte de radio hybride évangéliste / politique / associative, a été condamnée par le CSA pour diffusion de propos raciste envers la communauté haïtienne.
Quand je parle d'Haïti à mes élèves, j'ai des réactions épidermiques chez certains, retraduisant la pensée de leurs parents: des voleurs, des chamans, des vaudous, des sorciers, tous des clandestins qui viennent en Guadeloupe pour se confondre avec les locaux et profiter de nos services sociaux. Oui, un Haïtien, ça ne fuit rien, ça vient juste parce qu'ici c'est mieux...
La Guadeloupe, il suffit de taper sous Google, c'est aussi la terre de renvoie des Haïtiens, une véritable traque est organisée. En Métropole, c'est l'Africain et l'Asiatique (pour faire large), ici, c'est le Haïtien. Un bureau de l'immigration d'ailleurs installé à Pointe-à-Pitre propose même aux clandestins de se dénoncer ouvertement, en présentant un projet de développement pour leur pays d'origine. L'Etat français financera alors leur projet si celui-ci est retenu... Je me demande s'il n'est pas retenu, lui laissera-t-on la chance de rester ici?

Haïti en Guadeloupe c'est à double versant, y'a des gens qui comprennent qu'on fait un tout dans cette Caraïbe, d'autre qui refuse obstinément d'accepter la misère qui nous entoure. Pourtant c'est un fait, et Haïti en est vraiment l'élément essentiel. Certes l'Histoire a voulu qu'Haïti a été le plus violent sentiment d'accession à la liberté, mais doit-on en vouloir à d'anciens esclaves de ne pas avoir eu envie de retrouver leur condition? Il semblerait que le racisme primaire qui sévit envers cette communauté viendrait justement de là, une sorte de jalousie de certains guadeloupéens d'avoir du attendre 1848 pour se voir affranchir, même se voir octroyer ce droit de ne plus être esclave.... Haïti aura combattu, jusqu'à la mort pour réussir à obtenir cet affranchissement, on ne leur a rien octroyé du tout. Et là, je ne veux pas minimiser les révoltes, les hommes qui ont lutté contre le rétablissement napoléonien jusqu'à la nouvelle libération.

Bref, tout ça pour dire que j'ai eu plaisir la semaine dernière de voir les Haïtiens de Guadeloupe en vêtement blanc ouvrir le carnaval de Lapwente en signe de commémoration des événements tragiques, car pour la première fois, ils ont été resplendissants dans cette Guadeloupe où la plupart se cache. J'ai vu un bout de diversité à ce moment, j'ai vu Haïti dans la rue, sans crainte, sans préjugés, en toute légitimité. Je regrette juste qu'il a fallu cet événement tragique pour que ces Haïtiens qui font vivre la Guadeloupe par leur travail, par leurs commerces de maraîchers, soit dans la rue en beauté, avec ce côté exutoire dans leur défilée de mémoire, une impression de fête tragique, mais en chanson, en cadence, en rythme effréné, comme il est de coûtume!

J'espère que la prédiction de Siné n'aura pas lieu, et qu'au contraire vive maintenant Haïti, cette première nation qui s'est affranchie du colonialisme, de l'esclavage par ses armes, par sa volonté de liberté... Qu'on apprenne Haïti parce que pour nos tites têtes de français, c'est un bel exemple de nos relations avec le monde, et surtout qu'on apprenne la richesse culturelle de ce petit occident d'île!

Un petit carton rouge pour Anthony Kavanagh qui pose pour la pub d'UNICEF: "Osera-t-on regarder nos enfants lorsqu'ils nous demanderont si on a donné pour Haïti". Je retourne la question à ce cher comédien qui ferait mieux de rester dans son registre plutôt que faire du dramatique: "Osera-t-on regarder nos enfants dans les yeux lorsqu'ils nous demanderont pourquoi a-t-on décidé de faire pour Haïti après que la pire catastrophe soi passé, et qu'on n'a pas cherché à prévenir? Pourquoi on aide les pauvres que lorsque la misère frappe définitivement? Pourquoi n'a-t-on pas réduit leur dette, ou mis un plan d'aide en place? Pourquoi quand on a eu les premiers reportages de galettes de terre on a juste évoqué le fait une fois et non tous les jours pour parler des survivants qui réussissaient à survivre un jour de plus là bas...?"



Anthony Kavanagh veut un "Téléthon" pour Haïti
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jeudi 7 janvier 2010

Gwada vision (de spot de pubs en spot de pubs on aboutit à LKP?)

Une petite idée m'est venue récemment, alors que je regardais RFO, puis TF1...

Idée étrange, parce que sur TF1, je nous suis vu nous guadeloupéen, et quand j'ai regardé RFO, ben je nous suis aussi vu nous Guadeloupéen, mais pas de la même façon... Je suis énigmatique, mais je vais entrer dans le vif du sujet, avec un défaut de source pour le moment, mais que j'espère bientôt corriger!

Alors voilà, en métropole, des pubs passent pour vous attirez sur notre archipelle, car ici, le tourisme c'est relativement important, un peu notre première source de revenue, alors on fait rêver, et dans votre hiver glaciale, des images de chaleurs réchauffent vos instants publicitaires:





Si je continue l'exploration, depuis quelques temps, la Martinique et la Guadeloupe réchauffent le coeur à travers un de ses produits d'exportations phares: la Banane! Hé ouai, on avait pas l'habitude de la voir durant le time break pub, ben maintenant, quand vous croquez dans une banane, vous avez la mélodie des timpanis, et le doux refrain: "respecte-là"...







Et je ne résiste pas à mettre le clip aussi:


Bref, si avec tout ça, vous ne comprenez pas que la Guadeloupe c'est sympa et accueillant, bien que pour la banane je soupçonne un spot tourné uniquement en Martinique, je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus! On chante dans les bananeraies, il y a de quoi faire dans un paysage de toute beauté, etc etc...

Pourtant, en Guadeloupe, nous aussi nous avons des spots de pub, qui nous vante... euh, ben qui nous vante nous. Ouai, pas qu'on s'attire à nous même, mais le Comité de Tourisme des îles de la Guadeloupe a décidé d'éduquer la population apparemment. Des spots passent sur RFO qui montre que le tourisme permet de faire travailler plusieurs secteurs de l'économie: les pécheurs, les maraîchers surtout sont mis à l'honneur. En gros, ce qu'on nous dit, c'est : "si les touristes viennent, l'économie fonctionnera, et surtout alors que nous sommes toujours au point mort, repartira!". CQFD....

Ca tombe bien, parce qu'aujourd'hui sur le site de RFO on rappelle justement un point de détail:
Depuis une semaine, les effectifs de police se renforcent en Guadeloupe, à l'annonce le 30 décembre d'un préavis de grève illimité déposé par le LKP... A ce sujet, paraît même que samedi, une manifestation sera organisée, sachant qu'en novembre pour donner une moyenne, 18 000 manifestants LKPistes battaient le pavé! Bien bien bien bien.... donc si je reprends le billet:

1- On propose aux touristes de revenir, histoire qu'on puisse donner une nouvelle impulsion à l'économie....
2- LKP remontre son bout du nez, sachant que dans un peu plus d'un mois, on va fêter les un an de la grève des 44 jours.
3- On passe des spots de pub pour montrer que sans le tourisme, le secteur de l'agriculture meurt et donc que des emplois disparaîtront, et donc qu'on sombrera encore plus.

LKP monte d'un côté une propagande de force pour cristaliser ses forces vives, et de l'autre les autorités régionales montent une sorte de contre-propagande pour inciter les éventuels grévistes à bien réfléchir à leurs actes en cette période de nouveau risque d'explosion sociale?
En tout cas, si c'est le cas, bien que nous soyons en retard sur le développement numérique, en revanche, on n'a pas perdu la propagande à deux balles qui passent sur une chaîne d'Etat: RFO!
(Je vais essayer d'enregistrer le spot de pub à l'occasion).

Trop de réflexion tuant la réflexion..... j'crois que je vais me coucher!

dimanche 3 janvier 2010

A y'est le carnaval est lancé





Depuis que nous sommes arrivés quasiment, on était au courant de l'affaire. Le carnaval ici, c'est l'affaire de tous, et c'est une fête magistrale, qui dure et qui dure plus d'un mois, qui se conclue par la période du Carême.


Donc ce soir, à 17h, alors que nous nous lancions dans une petite ballade dans la ville, histoire de se dégourdir un peu les jambes, nous avons croisé des bandes de jeunes et moins jeunes, tambours battant et trompettes vrombissantes dans les rues. D'autres autour, grimés, dansaient, ou claquaient des lassos au sol, faisant de gros fracas grâce aux pétards fixés au bout.

Une fois le groupe contourné, nous avons continué notre chemin, traversant le plan damier du centre ville. Finissant sur les grands boulevards, le monde commençait à s'intensifier, le bruit également. Les groupes cette fois sont organisés, et parade dans la ville, de façon espacé, mais ordonné: la banderolle, les danseurs et fermant le groupe les musiciens (trompettes, tonneaux, percussions, corne de brume). Voilà un aperçu d'une vidéo de l'an dernier, en attendant nos vidéos et photos!


La tomate: quel problème?!



Quoi de plus anodin que de manger une tomate finalement.... Et quoi de plus anodin que de trouver des tomates, non?

Cette semaine, l'idée était d'aller faire un ptit tour au marché de Lapwent pour acheter quelques légumes. J'avais négligé les tomates et les poivrons chez Carrefour... donc pour me rattraper et ne pas payer les 3,90€ le kilo de poivron, et 3,80€ les tomates, j'me suis dit que j'allais faire jouer la concurrence du marché local.

- Bonjour, elles sont à combien vos tomates là?
- à 5€ le kilo m'sieur.

- 5€???? C'est cher ça....
- Ah oui, c'est difficile la tomate en ce moment... Mais tant qu'il y en a...

Je repars sans mes tomates, mais avec mes poivrons, 4,10€ le kilo... Je reste pantois, un peu dérangé par l'idée, la tomate quand même, un produit aussi banal, et pourtant... Un produit originaire d'Amérique, et pourtant... un produite qu'on a toujours trouvé sans problème, et pourtant.... et pourtant, c'est vrai que l'Espagne n'est pas la porte à côté, et du coup, le gros promoteur de la tomate en vieille Europe, n'est pas le même côté ultra-marin!


Bref, que de questions, au point que j'ai décidé de me relancer à la recherche de réponses à mes questions existentielles.... Le livre de recette créole que j'ai acheté parle rarement de tomate, en tout cas de tomates fraiches. Peut-être qu'il faut y voir là le signe d'une habitude alimentaire bien européenne, et peu antillaise, ce que m'a confirmé le site de l'INRA à travers ses études sur la diversité agricole en Guadeloupe, et la grande difficulté de décollage de la filière maraîchaire.

Bref, la tomate c'est pas d'ici, et wikipédia nous dit même qu'il est difficile de la cultiver à cause de notre taux d'ensoleillement quotidien (17h est un bon point pour la tomate, 10h comme dans les Antilles, c'est plutôt bof), ensuite, les aléas climatiques (trop de pluie; sécheresse), ou encore les maladies qui sévissent dans le coin, ça fait beaucoup. Donc la tomate rouge est comme une sorte de pépite d'or dans les Antilles, car c'est le produit spéculatif par excellence. Pour précision, il est rare d'être en pénurie totale, en tout cas Carrefour en a toujours eu jusqu'à présent, qui nous viennent par bâteaux!

Autour d'une tomate, finalement, on en découvre que le paradis vert n'est pas forcément celui des produits maraîchers. Y'a de quoi écrire à ce sujet en tout cas...

Et juste pour annecdote concernant la tomate qui vient d'ailleurs, atout-guadeloupe a fait un beau sujet pour montrer l'accumulation des taxes:

http://www.atout-guadeloupe.com/La-tomate,-90-plus-chere-en-Guadeloupe,-un-tres-bon-exemple-de-tarification-des-prix-a-la-consommation_a1918.html


Au Maroc, l'on produit des tomates à des prix raisonnables, ors déjà, lors de son arrivée en France métropolitaine, 16 tonnes de tomates, soit 21 palettes sont payées 11.119 euros, soit 3.335,70 euros pour la traversée. Transportées en Guadeloupe, elles mettrons 2semaines pour traverser et arriver à Jarry, le grossiste réceptioniste devra payer 21.223 euros, tenez vous bien, 90% plus cher qu'en métropole ? Cette augmentation catrastrophique est dûe: 978 euros, (8,7%) de droits de douanes
254 euros, (2%) de TVA
1.112 euros, (10%) pour l'octroi de mer
278 euros, (2,5%) d'octroi de mer régional
190 euros, (1,7%) de droit de port
6.372 euros, (57%) de fret
422 euros, (3,7%) de frais et redevance diverses
Le grossiste prendra une marge de 18%, soit 3.820 euros 14...........ensuite les détaillants prendront également leurs marges.

jeudi 31 décembre 2009

La Guadeloupe désencyclopédiée



Plutôt sympathique de lire l'article sur la Guadeloupe et d'ailleurs d'autres régions françaises (dont la mienne!!!!! hé hé, et culturellement parlant on voit bien que l'identité régionale et la résonance se joue dans toutes ces phrases qui permettent de saisir quelques subtilités!).

Bref, je ne reviens pas dessus, juste histoire de se marrer un peu, parfois un peu jaune, parce que dans l'humour il y a toujours quelques pointes de vérités, mais y'a de quoi passer un agréable moment de détente zigomatisée:



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Au temps parle du temps



Ce que je trouve amusant dans ce monde, c'est que où que l'on soit, la météo fait toujours réagir. Hier, journée plutôt "normale", parole de métro aux Antilles depuis 5 mois, donc toute objectivité annihilée, une température d'environ 30°...

De la terrasse, j'entends dans la rue une Antillaise qui clame bien fort à son amie qu'elle venait de quitter:
-"Ouuuuuuuhhh, il faut chaud aujouwd'hui hein!"

J'sais pas pourquoi, le fait d'entendre ça, alors qu'il n'y a pas un jour qui passe sans qu'on atteigne les 28 - 33°, j'ai trouvé ça amusant qu'on puisse encore faire une remarque sur le temps. C'est comme un bédouin dans son désert qui trouve qu'il fait sec...




Pour les éphémérides d'aujourd'hui, par contre...
Ouuuuuuuuuuh qu'est-ce qui fait pourri, un gros coup de chaud, avec des pluies averses, et zouh soleil plein pot.... Le pire c'est que ça ne raffraîchit même po....


Bref... voilà le billet sur le temps est fait! D'ailleurs j'ai récupéré le temps sur un site, plutôt marrant ils calculent la température ressentie... Moi je ressens du 40° perpétuel!!!!!


Pour annecdote:
Sur un blog familial de métropolitain, un type fait un billet récurrent qui s'intitule "mon coin de ciel", histoire de donner envie aux gens qui vivent dans la grisaille de vivre dans ce paradis de ciel bleu.... Enfin, au bout de 5 mois, vous lever avec le soleil qui chauffe bien dès 8h, franchement, y'a des jours où il y en a marre du beau temps! Surtout que le 30° tous les jours avec l'humidité que génère notre bout d'île (bon ça devrait se finir tout doucement aussi ça), y'a pas de quoi se sentir à l'aise!

mercredi 30 décembre 2009

N'est-ce pas que vous m'aimez amis Guadeloupéens.....




Non, ce n'est pas moi dans ma suprême modestie qui m'envoie des fleurs de façon héroïque, comme si j'étais à la base d'un bienfait extraordinaire. Ce matin, après m'être cassé la tête sur la Bible en 66 langues, j'me suis dit....:

- Tiens si j'allais rendre un petite visite à Yves Jégo!

J'ai levé mon cul, rivé durant deux bonnes heures sur notre canapé qui nous sert également de lit, en plus bien sûr du lit,
- allez comprendre, enfin non, c'est se casser la tête pour rien -et zouh direction la librairie Générale Jasor, d'un pas lent dans les rues embouteillées de passants et de voitures.

Je ne m'y rends pas bien sûr comme ça au hasard, puisque déjà hier, j'y suis passé pour choper un ouvrage classique de la littérature antillaise, et un ptit bouquin d'un historien qui m'avait fortement ému lors de son discours de bienvenu aux néo-débarquants de l'éduc nat' fin septembre. Donc Jégo est de retour dans l'île, après avoir "
brillamment" résolu l'affaire LKP et de la grève générale contre la pwofitassion. Est-ce pour les vacances qu'il propose la dédicasse d'un petit opus de 127 pages au prix pharaonique de 13€69? Ou bien est-il dans la mouvance habituelle (dont il se défend dans son ouvrage) d'un ex-détenteur de porte-feuille ministériel en voyage express d'une journée pour signer des livres et serrer des mains?
Je n'en sais rien, mais c'était juste pour poser des questions...

Donc ce matin, j'suis allé acheté mon Jégo et par la même occasion, je l'ai fait dédicasser par ce même Jégo, qui me disait combien il aime la Guadeloupe. Je l'ai remercié pour l'interessant éclairage que va me donner son ouvrage sur le conflit qui a laissé tant de séquelles dans l'île, et dont il est difficile pour moi de bien saisir quels en ont été les réels enjeux.

Comme c'est un blog de décryptage sommaire, de découvertes, de détentes, de nouvelles de la Guadeloupe, je ne vais pas faire un "billet beuk beuk" sur les enjeux de LKP et les bienfaits de la République. Loin de moi l'idée d'entrer dans ce jeu-là. Du moins pour le moment!

Bref, donc il m'a fallut deux bonnes heures et demi pour venir à bout de ce livre, qui finalement se lit plutôt bien, avec la possibilité de sauter quelques passages, du fait que quelques pleurs radoteurs ont tendance à gâcher les passages intéressants de la confrontation Etat - LKP - Société Civile de Guadeloupe - Ministre vs Gouvernement vs Élysée. En gros, un cocktail détonnant, qui me donne en cet fin de lecture, un peu une tête de buveur néophyte de rhum....



Mais y'a des trucs sympas quand même. Déjà, je trouve que le bouquin, entre son écriture, sa mise sous presse est déjà obsolète. En gros, c'est les mémoires d'un gars qui a passé 15 mois au paradis de la rue d'Oudinot, dans l'enfer d'un gouvernement qui communique mal entre ses ministres, qui a été viré comme un mal propre, sans qu'on lui dise merci Yves, et pourtant qui a réglé le conflit ici. Si j'ai bien compris, il a surtout permis d'éviter le pire, car depuis, LKP, les grèves, le problème de la SARA, les prix à la consommation, les hausses de salaires, tout ça, c'est toujours d'actualité. De ce qu'on lit dans le bouquin, au contraire, beaucoup de choses se sont arrangés, et c'est sans doute pour ça que dans le France-Antilles de ce matin, nous pouvons lire qu'Elie Domota appelle à une nouvelle grève générale d'ici début janvier si le préfet annonce la hausse de 4 centimes de l'essence.

Il y a quelques semaines aussi, alors que Jégo dénonce les bizarreries locales de la Sara (la compagnie pétrolière qui fournit l'île), qui dispose d'un monopole de la distribution, et qui reçoit des largesses compensatoires de Bercy, on apprend que le ministère des finances a débloqué plusieurs millions d'euros pour compenser le moratoire forcé sur le prix de l'essence à la pompe après les 40 jours de grèves du début d'année (2009 bien sûr).

A part ces petits éléments, on apprend que les békés ont un réseau très puissant, et apparemment de gros soutiens auprès de l'Elysée. Reste que même si on parle de Békés, c'est difficile pour celui qui arrive d'identifier qui ils sont. C'est vrai que certains noms reviennent sans cesse, que le poumon économique de l'île, Jarry, semble aux mains de familles économiquement et sans doute politiquement très influentes, mais ça, ça fait parti des trucs à découvrir au fur et à mesure.

Sinon, Yves Jégo est fort sympathique. Acceuilli par une poignée de main, une facilité déconcertante d'entrer en contact, l'impression de croiser un ami qui aime la Guadeloupe et content d'être là. Apparemment, vu le nombre de personne qui ont acheté son livre ce matin, et qui ont désiré la dédicasse, il semblerait que monsieur le ministre a fait une forte impression, connotée positivement au sein de l'île...

Reste que son livre est un amoncellement de pages à la gloire du sarkozysme, d'une justification permanente d'un républicain issu de la "populace" (me font marrer ces UMPiste qui vivent chichement en déclarant que les grands parents étaient agriculteurs, papa commerçant, petite famille de la classe moyenne) qui bien entendu se pose contre la machine ENA, comme le père spirituel de l'UMP, gloire à Nico. Bien entendu on sent que son limogeage lui reste en travers de la gorge, car mis à part son peu de communication avec Matignon, Yves semblait être un ministre irréprochable (dixit son bouquin).